La différence au cœur de la pratique théâtrale

Post-marginal propose un laboratoire humain rassemblant 60 artistes pour réinventer le regard porté sur la “différence” dans la pratique théâtrale et explorer pleinement son potentiel créatif.

 

Comment les marqueurs identitaires peuvent-ils devenir une matière première au service de la création théâtrale ?

Laborarium d’intelligence créative :

nom inventé.
espace d’échanges et de rassemblement à des fins de recherche, de création et d’exploration collectives.

INVENTONS 

LE THÉÂTRE

DE DEMAIN

LA DIFFÉRENCE AU COEUR DE LA PRATIQUE THÉÂTRALE

Pour la première fois à Montréal, Post-marginal propose un laboratoire humain rassemblant 60 artistes pour réinventer le regard porté sur la “différence” dans la pratique théâtrale et explorer pleinement son potentiel créatif.

Sous la co-présidence de la dramaturge Marie-Louise Bibish Mumbu et de la chercheuse Julie Burelle, cet événement permettra aux professionnel-le-s de théâtre d’échanger sur leurs démarches et d’enrichir leur vocabulaire de création en cette ère de pluralité des expériences, des récits et des vécus.

  • Comment les marqueurs identitaires peuvent-ils devenir une matière première au service de la création théâtrale ?
  • Quels vocabulaires théâtraux apparaissent quand nous laissons entrer toutes les composantes de notre société québécoise ?
  • Comment laisser émerger la puissance créative de la différence dans les salles de répétition ?

présenté par Diversité artistique Montréal (DAM) et Modern Times dans le cadre de la Semaine de la diversité théâtrale.

Parce que les différences sont richesse et beauté.
Parce que nous sommes las de ce qui nous sépare.
Parce que nous sommes coincés dans les discours.
Parce qu’on veut tous que le théâtre vise l’excellence,
Parce qu’on veut aller plus loin.
Parce qu’en tant que créateurs de théâtre nous devons encore mieux comprendre,
chercher, imaginer, se rendre vulnérable, défaire les boîtes
et continuer à être un des révélateurs de l’humanité.
Parce que nous voulons encore essayer,
malgré les échecs.
Mais, essayer différemment,
Essayer ensemble et avec bienveillance,
en amenant chacun
nos peurs, nos espoirs, nos histoires.
Parce que la création est ce qui nous rassemble.
Honorons la
et essayons encore.
Écoutons
Créons,
Prototypons des solutions.
Apportons chacun notre pierre dans ce laboratoire humain, libre et protégé des regards,
et inventons le théâtre de demain,
le théâtre où les différences sont au cœur de notre pratique.

Co-présidence

Crédit photo : Rachel Shamakay

Marie-Louise Bibish Mumbu

Résiliente, afro-féministe, militante par les mots et les arts, membre du CEAD – Centre des Auteurs Dramatiques -, Marie-Louise Bibish Mumbu participe aux événements montréalais à travers l’éducation populaire et la décolonisation des mentalités dans les théâtres, les table-rondes, les festivals, les maisons de la culture, etc. Son roman, Samantha à Kinshasa, publié en 2008, réédité à Montréal en février 2015 aux éditions Recto Verso a été adapté au théâtre par Philippe Ducros sous le titre de Bibish de Kinshasa. L’auteure a également travaillé dans le milieu communautaire en y intégrant sa pratique artistique à travers des ateliers d’écriture. Elle réside au Québec depuis 2010. 

Julie Burelle

Julie Burelle est conseillère dramaturgique et professeure de théâtre à l’Université de la Californie à San Diego. Sa recherche porte entre autres sur la représentation des communautés marginalisées sur la scène théâtrale. Son livre portant sur le théâtre et d’autres manifestations culturelles autochtones au Québec sera publié en décembre 2018 aux presses de l’Université Northwestern. À titre de conseillère dramaturgique, Julie a travaillé avec de nombreuses compagnies en Californie dont La Jolla Playhouse, The Trip et Sledgehammer Theatre. Elle collabore aussi avec le festival Native Voices at the Autry à Los Angeles qui a pour mission de diffuser le théâtre autochtone.

Programme détaillé

Formats et méthodes utilisées :

Laboratoire humain conçu à partir d’exercices en intelligence collective et intime, utilisant la pensée visuelle, la puissance des histoires pour grandir et des ateliers de pratique pour co-concevoir de nouvelles approches.

La participation aux deux journées est vivement recommandée afin de mener le plus loin possible cette exploration collective.

MARDI 15 MAI 2018

MERCREDI 16 MAI 2018

Journée 1 : Exploration – mieux comprendre les enjeux

8h30 : Accueil des participants et inscriptions

9h – 11h : Activités pour faire connaissance

Groupe de 60 personnes et 2 par 2

Cette activité ludique permettra tout de suite de briser la glace et de créer un climat de confiance. Rien de mieux pour qu’un laboratoire fonctionne, que chacun des participants se connaissent un peu mieux.

11h – 12h : Se fixer un cadre de travail

Groupe de 10 personnes

Pour optimiser les résultats du laboratoire et se fixer un vocabulaire commun, ce premier atelier permettra à tous les laborantins de se mettre au diapason dans un environnement ouvert et sécuritaire.

13h – 15h30 : Grandir par les histoires (voir détails en bas)

Groupe de 10 personnes

Huit artistes, diffuseurs et chercheurs, choisis pour leurs parcours singuliers, partagent leurs histoires pour nous aider à mieux comprendre les diverses facettes de la prise en compte des différences dans la création. Chacun aura son rôle. Les participants par leur écoute active partageront leurs perceptions afin de favoriser l’émergence d’une intelligence collective qui dépasse les expériences individuelles.

Avec la participation de : Catherine Bourgeois, Julie Burelle, Philippe Ducros, Edon Descollines, Abdelghafour Elaaziz, Peter Farbridge, Geoffrey Gaquère, Marie-Louise Bibish Mumbu et Maxime D.-Pomerleau.

15h30 – 17h : Plénière

Groupe de 60 personnes

Retour en grand groupe pour échanger et s’enrichir à partir de divers apprentissages, points de vue, compréhensions et grandes questions qui émaneront de cette journée d’exploration

Journée 2 : Créations et expérimentations

9h – 15h : Ateliers pratiques rotatifs (voir détails en bas)

Groupe de 20 personnes

Trois ateliers pratiques pour chercher ensemble comment la différence peut amener de nouvelles clés de créations. Corps, interactions et dramaturgie seront les grands axes de réflexion et matières à expérimentation. Rien de tel que de plonger, tester, mélanger, s’amuser, pour mieux réinventer.

Avec la participation de : Hodan Ismael, Csenge Kolozsvari, Johanna Nutter, Leticia Vera, Angélique Willkie.

15h – 17h : Synthèse et plénière

Groupe de 60 personnes

Exercice collectif de synthèse pour déterminer les avenues de réflexion et les outils pratiques qui nous suivront pour notre pratique professionnelle.

Les histoires (15 mai, en après-midi)

L’horizontalité dans la pratique

Notre nouveau paradigme: La diversité est, tout simplement. Elle est une source d’inspiration et un outil création. Quelles conditions doivent être présentes à toutes les étapes de création pour que la diversité et les différences puissent s’exprimer et co-exister dans la pratique?

avec Catherine Bourgeois et Edon Descollines

Bios d'artistes

Edon Descollines est un artiste visuel, poète, danseur et acteur diplômé des Muses – Centre des arts de la scène, où il a étudié de 2005 à 2013. Il se démarque par la qualité de son expression scénique, par sa créativité et par son engagement corps et âme envers l’art. En tant qu’acteur-danseur professionnel, il a fait partie de Leçons (Les Productions des pieds des mains) présenté en 2004-2005 à Montréal et en Belgique. En 2006, il a eu la chance de s’envoler au Japon pour y présenter L’Ombre, un duo chorégraphique réalisé par cette même compagnie. En 2010, il dansait au sein du Très Grand Continental de Sylvain Émard Danse au FTA. Il était également de la distribution du film Gabrielle de Louise Archambault en 2013 et sera de celle de Tu dors Nicole, de Stéphane Lafleur, en 2014. En tant qu’artiste visuel, il collabore régulièrement avec Exeko, où il a notamment exposé dans le cadre de l’événement Tandem Créatif en 2013 et en 2014. Edon cultive par ailleurs une activité de poète et de dessinateur très personnelle et extrêmement fertile. Avec Joe Jack et John, il participe au spectacle je ne veux pas marcher seul, présenté en 2015 et 2018 sur le territoire montréalais.

Photo: Philippe Bergeron

Catherine Bourgeois s’adonne au théâtre depuis 2002. Elle commence par des conceptions de décor, de costumes et d’éclairages, puis se lance dans la création et la mise en scène de performances via la compagnie Joe Jack et John, qu’elle cofonde en 2003 et pour laquelle elle conçoit et dirige l’ensemble des productions. Leur création, AVALe, lui a valu le prix de la meilleure mise en scène au Gala des Cochons d’or 2014, tout comme Just fake it, pour laquelle elle s’était mérité la même récompense en 2012, en plus de s’être vue remettre une bourse LOJIQ. En 2017, Brigitte Haentjens, lauréate du Prix du Gouverneur Général, déclare vouloir encourager “des créateurs et créatrices dont la démarche est singulière et profonde” et remet sa bourse à cinq artistes desquels Catherine fait partie. Dernièrement, elle met en scène les spectacles je ne veux pas marcher seul, Dis merci et travaille présentement à l’élaboration d’une oeuvre théâtrale de réalité virtuelle, Violette.

Parallèlement à sa vie joejacketjohnesque, Catherine a agi à titre de directrice de production et d’assistante à la chorégraphe Margie Gillis de 2006 à 2013, un travail qui lui a fait découvrir divers artistes, villes et scènes. Elle a travaillé pendant plus de cinq ans pour Imago Theatre où elle fut directrice adjointe de 2005 à 2008, en plus d’y occuper plusieurs sièges, dont metteure en scène de la production primée (The MECCAs et l’ACQT) The Baroness and The Pig de Michael Mackenzie présentée en 2008 au Théâtre La Chapelle.

Catherine a étudié en scénographie à l’Option-Théâtre de Ste-Thérèse puis à l’UQÀM, ainsi qu’en mise en scène au Central School of Speech and Drama de Londres. Elle enseigne également aux étudiants en interprétation de l’École nationale de théâtre du Canada.

Ce que nous apprend le public

Comment cultive-t-on la diversité chez le public? Un diffuseur/artiste parle des stratégies qu’il a développées pour rejoindre de nouveaux publics et pour en inviter d’autres, plus établis, hors des sentiers battus.

avec Geoffrey Gaquère

Bios d'artistes

Photo: David Ospina

Né à Bruxelles, Geoffrey Gaquère immigre au Québec en 1996 pour étudier l’interprétation à l’École Nationale de Théâtre du Canada. Parallèlement à son métier d’acteur, il poursuit une carrière de metteur en scène. S’intéressant à la création québécoise et canadienne, il collabore comme metteur en scène avec le P.à.P, La Bordée, Espace Libre, le Théâtre d’Aujourd’hui, le Rideau Vert et La Licorne. Depuis 2008, il est directeur artistique du Théâtre Debout. Il a enseigné au Conservatoire de Montréal, à l’UQÀM, à l’Option Théâtre du Collège Lionel-Groulx. Il a aussi été formateur pour l’INIS.

 En 2013, il était codirecteur artistique de la douzième édition du Festival du Jamais Lu. Depuis 2014 il est directeur artistique et co-directeur général d’Espace Libre : un théâtre de recherche et de création situé dans le Centre-Sud de Montréal.

La création ne se fait pas en vase clos

Qui dit diversité dit enjeux socio-politiques et économiques. Comment être à la fois attentif à ces enjeux globaux, réels et importants tout en développant sur le terrain des pratiques spécifiques où la diversité est au centre de la création?

avec Philippe Ducros et Marie-Louise Bibish Mumbu

Bios d'artistes

Photo de Rachel Shamakay
Photo : Rachel Shamakay

Résiliente, afro-féministe, militante par les mots et les arts, membre du CEAD – Centre des Auteurs Dramatiques -, Marie-Louise Bibish Mumbu participe aux événements montréalais à travers l’éducation populaire et la décolonisation des mentalités dans les théâtres, les table-rondes, les festivals, les maisons de la culture, etc. Son roman, Samantha à Kinshasa, publié en 2008, réédité à Montréal en février 2015 aux éditions Recto Verso a été adapté au théâtre par Philippe Ducros sous le titre de Bibish de Kinshasa. L’auteure a également travaillé dans le milieu communautaire en y intégrant sa pratique artistique à travers des ateliers d’écriture. Elle réside au Québec depuis 2010.

Photo: Guillaume Simoneau

Philippe Ducros est auteur et metteur en scène. Il a écrit et mis en scène près d’une vingtaine de pièces. Autodidacte, sa démarche reste ancrée dans ses errances aux quatre coins du monde. À la suite d’une résidence en Syrie avec Écritures Vagabondes, il écrit L’affiche, sur l’occupation de la Palestine, qu’il a visitée à trois reprises. Il y était lors des bombardements de Gaza en janvier 2009. Il y a compris que l’enfer n’entrait pas dans un écran de télévision. En 2011, il écrit La porte du non-retour sur le rôle des minières canadiennes dans le conflit en République Démocratique du Congo qui a fait 6 millions de mort. Pour écrire ce projet, il est monté à bord d’un vol humanitaire de l’ONU vers le coeur de la zone de conflit. La porte du non-retour a été présentée au Québec, au Canada et en Europe, en plus d’être de programmation officielle du Festival d’Avignon de 2013. Ce projet tourne toujours. En 2015, il adapte pour la scène le roman de Marie-Louise Bibish Mumbu Samantha à Kinshasa créant ainsi le spectacle Bibish de Kinshasa. Ce projet répond à La porte du non-retour. Cette fois-ci c’est un hommage aux vivants auquel le spectateur est invité, une célébration de la vie et de la résilience. Outre son travail au sein de HÔTEL-MOTEL, il a aussi travaillé avec d’autres compagnies, comme Productions Porte Parole pour qui il signe la mise en scène de Montréal La Blanche, une pièce de théâtre documentaire sur l’immigration des Algériens à Montréal, ou encore Le théâtre PàP, pour qui il sign Dissidents sur notre capacité d’indignation, la manipulation de notre sentiment d’impuissance, et nos possibilités de passer à l’acte pour un monde meilleur. Ce texte est finaliste pour le Prix du Gouverneur général, ainsi que pour le Prix Michel-Tremblay. Il est lui aussi publié aux éditions L’instant scène. Ses textes sont publiés aux Éditions Lansman et à L’instant scène. Son premier roman Eden motel a été publié à L’instant même. Il fait parti des romans représentant le Québec au Festival du premier roman de Chambéry. Son dernier texte La cartomancie du territoire sur notre rapport aux réserves autochtones et aux réserves naturelles, à la colonisation du territoire et de la pensée. Il a été joué à guichet fermé à Espace Libre il y a quelques semaines, et tournera dans les prochaines années. Le texte a été publié chez Atelier 10. Il est finaliste pour le Prix de la dramaturgie de langue française de la SACD de 2017. Philippe en fera la mise en scène à Espace Libre en mars 2018. Philippe a été directeur artistique du théâtre ESPACE LIBRE (www.espacelibre.qc.ca) de 2010 à 2014 et est directeur artistique des PRODUCTIONS HÔTEL-MOTEL.

La diversité sous toutes ses formes

Qui fait partie de la “diversité”? La diversité se limite-t-elle à l’identité raciale, culturelle ou politique? Qu’est-ce qui me définit comme artiste de la diversité? Des artistes d’horizons divers parlent de leur expérience et de leur apport dans une salle de répétition.

avec Abdelghafour Elaaziz et Maxime D.-Pomerleau

Bios d'artistes

Abdelghafour Elaaziz est issu de l’Institut Supérieur d’Art Dramatique à Rabat. Après une riche expérience artistique au Maroc, il a rejoint, en 2003, l’équipe du Théâtre National de Toulouse en France. Avec ce Théâtre, il participe à  La nuit poème Fernando Pessoa dirigé par Jaques Nichet et Pylade  de P. P. Pasolini, mise en scène par Sébastien Bournac. À Paris, on a pu le voir dans une production du théâtre Paris-Villette : Des voix qui s’embrassent, textes de John Milton Synge mis en scène par Frederick Leidgenz. En 2006, il s’installe à Montréal et participe au film  Le Banquet de Sébastien Rose et il joue dans Truth and treason  de Rahul Varma, mise en scène par Arianna Bardesono. Il décroche un premier rôle aussi dans le film nominé aux oscars,  Incendies de Denis Villeneuve. En 2011, il tient un rôle dans Cantate de guerre de Larry Trembley, mise en scène par Martine Beaulne, puis dans The Poster (version anglaise de L’affiche de Philippe Ducros). Parallèlement, il joue dans deux long-métrages : Boucherie Halal de Babek Aliassa en 2011 et Diego Star de Frédérick Pelletier en 2012, puis il participe à la série télévisée Le Gentleman 3  de Louis Choquette. En 2014, en achevant sa maîtrise en théâtre à l’UQAM, il incarne un solo au théâtre de Quat’sous, Besbouss, Autopsie d’un révolté de Stéphane Brulotte, mise en scène de Dominique Champagne. Depuis 2015, On a pu le voir dans les long-métrages, le film oscarisé Arrival de Denis Villeneuve et Votez Bougon! de Jean François Pouliot. Il a participé aussi dans séries télévisuelles comme  Blue Moon, L’imposteur, Écrivain public1 et 2, La théorie du Ko et Nouvelle adresse. Récemment, il a tenu un premier rôle éponyme dans Le court métrage Fareed, réalisé par Rudy Barichello, et qui a obtenu le prix du meilleur film à Dubaï.

     

Photo: Jean-Pierre Maritz

Maxime D.-Pomerleau se fait connaître en 2013 avec le court Batwheel, co-scénarisé avec Jessy Poulin, puis avec Prends-moi d’Anaïs Barbeau-Lavalette et André Turpin, qu’elle représente dans plusieurs festivals internationaux depuis 2014. Interprète en danse contemporaine, ses productions les plus récentes sont : Gala (Jérôme Bel, FTA 2016), Les minutes & Fracas (Lucie Vigneault, Montréal complètement cirque 2016), Quadriptyque (Deborah Dunn/Sarah-Ève Grant, Corpuscule Danse, 2016-17), J’arrive (Je suis Julio, 2017). Elle anime le magazine culturel radio Sortir à Canal M et collabore périodiquement avec Télé-Québec, Ici Radio-Canada, AMI Télé.

La recherche dramaturgique comme espace de changement

Quel rôle peut jouer le conseiller(ère) dramaturgique dans la création d’espaces propices à l’expression de la diversité? Comment, par exemple, ouvrir un texte à des lectures diverses, réinventer la forme du processus de création, rendre un lieu plus accessible au niveau physique ou sensoriel, et créer des espaces de dialogue avec le public?

avec Julie Burelle

Bios d'artistes

Julie Burelle est conseillère dramaturgique et professeure de théâtre à l’Université de la Californie à San Diego. Sa recherche porte entre autres sur la représentation des communautés marginalisées sur la scène théâtrale. Son livre portant sur le théâtre et d’autres manifestations culturelles autochtones au Québec sera publié en décembre 2018 aux presses de l’Université Northwestern. À titre de conseillère dramaturgique, Julie a travaillé avec de nombreuses compagnies en Californie dont La Jolla Playhouse, The Trip et Sledgehammer Theatre. Elle collabore aussi avec le festival Native Voices at the Autry à Los Angeles qui a pour mission de diffuser le théâtre autochtone.

La différence comme source de création

Depuis trente ans la compagnie torontoise Modern Times s’inspire de la diversité des accents, pratiques et corporalités de ses collaborateurs pour développer un vocabulaire théâtral unique. Que peut-on apprendre de cette démarche?

avec Peter Farbridge

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Peter Farbridge a participé en tant que comédien aux plupart des production de la compagnie Modern Times (Toronto), dont ”Hamlet”, “Macbeth” and “Hallaj”. Il a également incarné Vladimir dans “En Attendant Godot” et le veille homme dans “Les chaises”, qui lui a mérité une nomination pour meilleur acteur.  Peter vit à Montréal. Il a travaillé en tant que comédien pour plusieurs compagnies francophone et anglophones. Plus récemment il a joué dans “Progress” de Infinitheatre (nomination “Best Supporting Actor” en 2016. Il fait présentement parti de deux équipe de création : “Les promesses” (Théâtre à l’instant) and “Contre la suite du monde” (Compagnie La nuit, le bruit).

Les ateliers (16 mai, en matinée)

A. Labo sans parole: la corporalité diversifiée

Dans une exploration somatique menée par un danseur, nous abordons le corps en mouvement dans toute sa diversité. Comment peut-on entrer en relation avec cette diversité par le corps? Quelles sont les différences culturelles et personnelles qui s’expriment par le mouvement ? Est-ce que je peux les percevoir, les explorer, en dehors de mon idéntité sociale ? Une expérience non-verbale ouverte et partagée en silence.

avec Hodan Youssouf et Angélique Willkie

Bios d'artistes

Récemment réinstallée à Montréal après plus de 25 ans en Europe, Angélique Willkie est une interprète, chanteuse, dramaturge et pédagogue. Elle a enseigné la technique contemporaine à plusieurs compagnies, écoles et  festivals dont ImpulsTanz (Viennes), Henny Jurriens Stichting (Amsterdam), SEAD (Salzburg), P.A.R.T.S. (Bruxelles), Wim Vandekeybus / Ultima Vez (Bruxelles), Circuit-Est centre chorégraphique, École Nationale du Cirque et École de danse contemporaine de Montréal, entre autres. Après 8 ans à l’École Supérieure des Arts du Cirque (ESAC) de Bruxelles en tant que professeure et conseillère en dramaturgie auprès des étudiants et en tant que coordinatrice pédagogique de l’école de Gérard Fasoli, Angélique est maintenant professeure à temps plein au Département de Danse Contemporaine de  l’Université Concordia. Elle continue à travailler comme dramaturge en danse, en musique et pour des productions cirque-théâtre, autant à Montréal qu’en Europe.

B. Dès la première lecture : Espaces de création et sécurité culturelle

Quelles sont les conditions nécessaires pour créer un espace en salle de répétition et un processus de création où la diversité est mise en valeur de façon respectueuse ? Des artistes partagent leurs méthodes de travail interculturel et nous font explorer leurs pratiques dont certaines en lien avec des approches mises de l’avant par des artistes des Premières Nations.

avec Leticia Vera

Bios d'artistes

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D’origine du Mexique, Leticia Vera se spécialise dans l’exploration de la dramaturgie corporelle et du mouvement, en création chorégraphique et interprétation scénique contemporaine. Elle est titulaire d’un diplôme d’Interprète en Danse Contemporaine de la Escuela Nacional de Danza Clasica y  Contemporánea de l’INBA (Institut national des Beaux-Arts), au Mexique.

Installée à Montréal depuis 2006, elle y poursuit sa carrière, en tant qu’artiste indépendante, interprète et chorégraphe. Elle collabore plus activement aux projets artistiques de la compagnie de théâtre Ondinnok depuis 2010, au sein de laquelle elle a l’opportunité de développer un langage original et authentique.

C. Mises en scène libérées : créer à partir de la différence

Quelles sont les approches de création (adaptation, création collective, etc.) qui recentrent la diversité comme source d’inspiration créative ? Une metteuse en scène et une créatrice en arts performatives puisent à même leur expérience de création pour repenser et transformer des textes établis et en créer des nouveaux hors des normes établies.

avec Johanna Nutter, Csenge Kolozsvari

Bios d'artistes

Johanna Nutter a eu son premier rôle à l’âge de deux ans dans le film Loose Associations, réalisé par son père pour l’ONF. Comédienne, auteure, metteure en scène, traductrice et productrice, elle travaille régulièrement à la radio, au cinéma, à la télévision et surtout au théâtre. Née de parents anglophones, Johanna est native du quartier portugais de Montréal. A l’âge de 12 ans, elle se retrouve à Valcourt dans les cantons de l’est où elle apprend à parler le français. Elle étudie pendant 10 ans avec Warren Robertson, qui compte parmi ses élèves Jessica Lange, Robert DeNiro et Marie-Josée Croze. En 2011, Johanna écrit et interprète son étonnant monologue Mon frère est enceinte, première pièce à être créée dans les deux langues (anglais et français) au théâtre La Licorne à Montréal. Ce spectacle remporte de nombreux prix et voyage au Québec, à travers le Canada, ainsi qu’en Angleterre, en Écosse (Festival d’Édimbourg) et en Belgique. Dernièrement, elle a joué à la Grande Licorne, dans le spectacle Les évènements avec Emmanuel Schwartz, et au Théâtre Centaur avec Jean Marchand dans la version anglophone de Tu te souviendras de moi de François Archambault. Au cinéma, Johanna interprète le rôle de « Haffigan » écrit spécialement pour elle par le cinéaste Olivier Godin pour son premier long métrage Nouvelles nouvelles. En 2017, elle incarne à nouveau ce personnage dans En attendant avril, le film de Godin présenté au Festival de Berlin en février 2018. En 2016, Johanna fonde creature/creature, une compagnie polymorphe composée d’artistes pluridisciplinaires dont elle assure la direction artistique. Avec les membres du Théâtre du grand cheval, elle traduit et met en scène la pièce Chlore de Florence Longpré et Nicolas Michon pour le public du Centaur.  À présent, elle travaille pour la compagnie en duo avec l’artiste visuelle Algonquine Nadia Myre sur une nouvelle création, A Casual (strikethrough) Reconstruction, dont les premières esquisses ont été présentées dans le cadre du OFFTA en 2017 et au PuSh International Performance Festival à Vancouver en Janvier 2018.

Csenge Kolozsvari est une artiste interderdisciplinaire explorant l’expérience relationelle corporelle, proposant le corps tel une membrane manifeste entre idée, mouvement et son – une matière diaphane et perméable sensible à son environnement ainsi qu’à ses propres forces intrinsèques. Ses oeuvres multisensorielles synesthétiques associent son, vidéo, sculpture, éclairage et performance, provoquant des situations capables de complexifier les mécanismes de perception-expérience-analyse, engageant d’abord physiquement le spectateur pour ensuite se traduire par l’usage du langage. Elle adhère également au Senselab (senselab.ca), un effort de recherche sur la pensée en mouvement. http://csengek.com/